Site personnel du journaliste québécois Patrick White, couvrant la scène culturelle au Québec et ailleurs.

Expo au ROM de Toronto sur les exportations chinoises du VIIIe au XXe siècle

Expo au ROM de Toronto sur les exportations chinoises du VIIIe au XXe siècle

À compter du samedi 1er décembre 2007, venez découvrir l’histoire de l’exportation des marchandises chinoises dans le monde entier dans le cadre de la nouvelle exposition du Musée royal de l’Ontario (ROM) intitulée Les vents du commerce : marchandises d’exportation chinoises du VIIIe au XXe siècle. Cette exposition sera présentée jusqu’au 6 avril 2008 dans la Galerie Herman Herzog Levy du Musée.

http://www.rom.on.ca/index_fr.php

Plus de 100 objets choisis parmi une gamme étendue de collections du ROM, comprenant notamment des peintures, du papier peint, de la céramique et des tissus, permettront aux visiteurs de
se familiariser avec l’histoire, l’économie, l’art et la culture de la Chine du VIIIe au XXe siècle. Bon nombre de ces artéfacts seront montrés au public pour la toute première fois et viendront enrichir l’expérience globale des visiteurs tandis qu’ils se rendent dans les galeries adjacentes consacrées à la Chine, au Japon et à la Corée.

« Les produits chinois rehaussaient le confort et l’attrait de nombreuses demeures à l’étranger. À l’époque où ils étaient encore rares et coûteux, ils étaient considérés comme un symbole de statut social », explique Ka Bo Tsang, conservatrice adjointe en art pictural chinois au sein du Département des cultures du monde du ROM. « Bon nombre d’entre eux ont même été transmis de génération en génération, constituant un héritage très précieux. Aujourd’hui, les visiteurs peuvent admirer de leurs propres yeux certains des designs fabuleux et des objets d’art superbement exécutés qui avaient séduit leurs ancêtres. »

Par le passé, les gens de différentes régions du globe sont entrés en contact avec des produits chinois par le biais du commerce. Impressionnés par l’excellente facture et la qualité artistique de ces marchandises d’apparence exotique, mais ignorant tout de leur lieu de fabrication, ils ont développé des visions idéalisées de cette lointaine contrée. L’exposition Les vents du commerce offrira un aperçu de quelques-unes des marchandises les plus représentatives exportées par la Chine vers de nombreux pays d’Asie, d’Europe et des Amériques. Dans les écrits de Pline le Jeune (62 – 113 apr. J.-C.), nous apprenons que la soie chinoise, sous forme d’écheveaux ou de métrage, avait déjà gagné la Rome impériale sous la dynastie des
Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.).

Pendant des siècles, des articles de luxe tels le thé, la soie, les épices et la porcelaine furent transportés sur des chameaux qui traversaient en caravanes les déserts traîtres et les cols montagneux enneigés de l’Asie centrale et du Moyen-Orient ou sur des navires qui devaient franchir l'océan Indien, la mer Rouge et la Méditerranée pour se rendre dans les ports italiens de Gênes et de Venise. Cette route fut empruntée jusqu’à ce que l’explorateur portugais Vasco da Gama passe le cap de Bonne-Espérance en Afrique et atteigne l’Inde en 1498. La découverte de cette nouvelle voie maritime permit au Portugal d’être le premier pays occidental à commercer directement avec la Chine. Bientôt, d’autres pays – l’Espagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne
et la France – suivirent la même voie, espérant bien se tailler une part du lucratif marché d’exportation des
produits chinois.

Les marchandises chinoises sont largement répandues au Canada depuis le XVIIIe siècle. En 1867, après la Confédération, le Canada a pu enfin commercer directement avec la Chine. Auparavant, notre pays obtenait les produits chinois par l’entremise de marchands anglais, français et américains. Les objets et la documentation qui subsistent, de même que les dizaines de milliers de fragments mis au jour sur les sites des premières colonies dans tout le Canada et sur des épaves au large de la côte du Nouveau-Brunswick, sont autant de preuves du commerce florissant de l’époque.

Louisbourg, par exemple, était une forteresse bâtie par les Français sur l’île du Cap-Breton en 1713. Cette capitale des territoires atlantiques de la France a fini par devenir le troisième port le plus important d’Amérique du Nord. Elle s’est toutefois effondrée après que les Anglais s’en soient emparés une deuxième fois en 1758. Au cours des années 1960, lorsque le gouvernement fédéral a reconstruit une partie de ce site historique, pas moins de 69 000 fragments de porcelaine chinoise exportée de Jingdezhen, centre de fabrication de la céramique le plus réputé de Chine, ont été mis au jour. Depuis, on a pu recréer les formes des marchandises originales à partir de la plupart de ces fragments.

L’exposition Les vents du commerce comporte une soucoupe partiellement reconstituée à partir de quatre petits fragments. Le motif dont elle est ornée, une fillette sur une balançoire dans un jardin, a inspiré un ensemble tasse et soucoupe. Bien qu’il s’agisse d’une reproduction du XXe siècle, cet ensemble a également été exécuté par des potiers de Jingdezhen qui utilisaient des méthodes traditionnelles pour garantir la qualité la plus élevée qui soit.

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ ne sera pas montré publiquement.
CAPTCHA
Cette question nous permet de vérifier que vous êtes un être humain et prévenir l'envoi automatisé de spam.