La sculpture « Trombe » de Jean-Pierre Morin inaugurée à Québec

Une sculpture monumentale sur le parvis du Musée
Le Musée national des beaux-arts du Québec est fier d’inaugurer officiellement aujourd’hui la sculpture de l’artiste Jean-Pierre Morin, récipiendaire du prix de la Fondation Monique et Robert Parizeau 2007-2009, dont l’installation vient d’être achevée. Intitulée Trombe, cette oeuvre sculpturale d’envergure a été commandée à l’artiste à l’occasion du 75e anniversaire du Musée national des beaux-arts du Québec.
Exposée sur le parvis du Musée, Trombe accueillera les nombreux visiteurs de l’institution, remplaçant ainsi l’œuvre de Charles Daudelin, Prototype de Éolienne V, dorénavant installée à la station des Quais, sur la promenade Samuel-De-Champlain.
Trombe
Julie Matte, auteure de l’essai Du rêve à la matière, qu’on retrouve dans la publication Jean-Pierre Morin, prix de la Fondation Monique et Robert Parizeau 2007-2009, décrit ainsi l’oeuvre de l’artiste : « Trombe, de par sa forme de goutte inversée et ses dimensions imposantes, suggère des éruptions volcaniques où le feu de la terre s’épanche en roches incandescentes et en lave. La sculpture invoque le symbolisme de la nature, de la Terre-Mère et de ses forces vives : tels les menhirs condensateurs d’énergie tellurique, l’oeuvre agit comme un intermédiaire entre la matière et l’air. Avec Trombe, l’artiste pousse l’exploration. D’abord, sur le plan de la réalisation, il a recours à des techniques empruntées à la chaudronnerie navale. L’oeuvre est formée à froid dans l’aluminium, sans matrice, à l’aide d’un ordinateur recréant la sculpture en trois dimensions et calculant ensuite précisément chacune de ses sections pour les découper morceau par morceau, les former et les étirer afin de les assembler parfaitement. Pour ce faire, l’artiste a fait appel au savoir-faire du maître chaudronnier Roland Guilberteau. En ce qui a trait à l’esthétique, Jean-Pierre Morin met l’accent sur l’élan onduleux de la structure qui s’élève en direction du ciel. Le temps est arrêté, mais l’on imagine facilement l’oeuvre poursuivre son ascension en tourbillonnant sur elle-même. Sa forme audacieuse, par son apparente instabilité, alimente un sentiment d’étrangeté, voire d’inquiétude. Si les musées sont aujourd’hui considérés par certains comme les nouvelles cathédrales, l’oeuvre de Jean-Pierre Morin, fusant du parvis situé à l’entrée de l’établissement, proposerait alors aux visiteurs une expérience tant spirituelle qu’esthétique. »
Jean-Pierre Morin
Jean-Pierre Morin est né à Saint-Anselme (Bellechasse) en 1951. Il fréquente pendant trois ans l’École de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli avant d’obtenir un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval et une maîtrise, option sculpture, de l’Université Concordia de Montréal.
Remarqué depuis la fin des années 1980, le travail de Jean-Pierre Morin lui vaut maintenant une réputation d’artiste accompli. Professeur d’arts visuels aux niveaux universitaire et collégial, il est fort engagé tant dans sa pratique artistique que dans le développement de la didactique des arts.
Les œuvres de Jean-Pierre Morin ont fait partie de nombreuses expositions individuelles et collectives au Canada dont certaines à Montréal, Saint-Jean-Port-Joli, Baie-Saint-Paul, Québec, Rimouski, Rouyn-Noranda, Ville-Marie, Amos, Saint-Hyacinthe, Edmonton et Toronto. Ces œuvres ont également été présentées lors de foires internationales à Toronto, New York, Los Angeles, Dallas, Denver, Miami, Paris, Nice, Cologne, Barcelone et Madrid.
On retrouve des oeuvres de Jean-Pierre Morin dans de nombreuses collections privées et publiques au Canada dont celles de la Banque d’oeuvres d’art du Canada, du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée national des beaux-arts du Québec, du Musée du Bas-Saint-Laurent, du Musée régional de Rimouski, du Musée de Joliette, de la Banque Nationale du Canada, de la Commission de la capitale nationale et de Loto-Québec.
Le prix de la Fondation Monique et Robert Parizeau - Un premier soutien à la sculpture
En 2002, la Fondation Monique et Robert Parizeau amorçait sa collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec par une contribution visant à rappeler l’importance de l’estampe dans la famille des arts. Ludmila Armata fut la première lauréate du prix de la Fondation. L’année suivante, c’est l’artiste de la relève Elmyna Bouchard qui fut sélectionnée par le jury. En 2004, le Prix fut remis à Francine Simonin pour l’ensemble de sa carrière et son engagement indéfectible dans le milieu de l’estampe. Enfin, en 2005, le Prix fut attribué à Louis-Pierre Bougie pour sa contribution exceptionnelle au livre d’artiste depuis près de 30 ans. En 2006, le Prix ne fut pas décerné, mais une exposition itinérante des oeuvres des quatre premiers lauréats fut mise en circulation (Québec, Montréal, Jonquière et Sept-Îles). La Fondation se tourne maintenant vers la sculpture et décerne, pour 2007-2009, le Prix à l’artiste de Québec Jean-Pierre Morin.
Publication
Dans l’esprit de ce qui s’est fait pour la gravure, notamment avec le souci
d’appuyer la relève en histoire de l’art, la Fondation Monique et Robert Parizeau
présente aujourd’hui un ouvrage sur l’oeuvre de Jean-Pierre Morin. Il a été rédigé
par Julie Matte, étudiante en histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal,
sous la direction de Nathalie de Blois, conservatrice de l’art actuel au Musée
national des beaux-arts du Québec, qui a dirigé l’ensemble du projet au Musée. La
publication paraît en français, en anglais et en espagnol, afin qu’elle contribue au
rayonnement de l’oeuvre de Jean-Pierre Morin, ici comme à l’étranger. L’ouvrage
est disponible à la Boutique du Musée au coût de 20,95 $.

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