La littérature québécoise et l'auteur Normand de Bellefeuille primés en Russie, dans le mensuel Иностранная литература
La revue Inostrannaya literatura (Littérature étrangère) consacre sa dernière édition à la littérature francophone du Québec. Ce numéro spécial s’intitule « Je me souviens ». Deux textes de Normand de Bellefeuille (traduites par I. Volevitch) ont retenu l’attention de la rédaction. Le premier, tiré de Votre appel est important et le second, de La Marche de l’aveugle sans son chien. Voir le communiqué ci-dessous pour les détails.
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INOSTRANNAYA LITERATURA : COMMUNIQUÉ DE PRESSE, le 29 octobre 2008
Le numéro spécial de la revue Inostrannaya literatura (Littérature étrangère), consacré cette fois, non pas à la littérature de tout un pays, mais à celle d’une de ses parties, le Québec francophone, s’intitule « Je me souviens ».
Cette devise orne les plaques minéralogiques des automobilistes québécois à qui elle rappelle leurs racines historiques francophones. L’histoire dramatique des relations entre les parties anglaise et française du Canada apparaît dans les pages de la revue sous différents aspects, mais ce qui exalte le cœur, c’est l’existence au Québec d’une littérature qui lui est propre et qui témoigne de la vitalité de sa culture. Or, bien que rédigée en langue française, cette littérature ne se confond pas, aux yeux des Québécois, à la littérature de leur ancienne mère patrie, la France.
C’est d’ailleurs cette problématique qu’aborde, dans « Ainsi naquit une littérature », le fondateur de l’Union des Écrivains du Québec Jacques Godbout, qui l’a rédigé à la demande d’IL. En ce qui concerne sa propre œuvre littéraire, nous sommes heureux de publier son roman « La Concierge du Panthéon » (2006), dont le héros, poussé par l’idée d’écrire un grand roman, par à la recherche de l’inspiration à Paris. Ces deux textes de Godbout sont traduits par Ludmila Proujanskaïa, à qui, par ailleurs, appartient l’idée du numéro spécial québécois et qui a beaucoup contribué à sa conception.
Dans la même édition, nous entamons la publication d’un autre roman intitulé « La gare » de Sergio Kokis (traduit par M. et E. Kojevnikov). Son protagoniste manque le train à une gare perdue et se retrouve dans un univers qui nous rappelle étrangement « La ville Zéro », un film de Karen Chakhnazarov réalisé il y a une vingtaine d’années. « La gare » est une histoire à suivre.
Deux auteurs nous font découvrir le théâtre québécois. Dans sa pièce monologuée « La peau d’Elisa », traduite par N.Khotinskaya, Carole Fréchette raconte des histoires d’amour qui, à en croire la postface, s’inspirent d’expériences vécues, ce qui leur confère une portée documentaire. On publie un court extrait de la « Face cachée de la Lune » de Robert Lepage (trad. et préfacée par A. Lechnevskaya). Cependant les spectateurs moscovites le connaissent bien depuis le Festival international de théâtre Tchékhov - 2007 où Lepage fut un lauréat du Grand-Prix dans la catégorie de
« La meilleure pièce étrangère présentée en Russie ».
La rubrique « De la poésie canadienne française » s’ouvre par les poèmes du grand classique de la littérature canadienne française Émile Nelligan (1879-1941). Dans sa jeunesse, il a publié 23 poèmes avant de se retrouver dans un hôpital psychiatrique où il a passé quarante-deux ans. Tout son héritage poétique comprend deux cents poèmes dont cinq paraissent dans une traduction de R. Doubrovkine (la préface est de I. Kouznetsova). La poésie de la deuxième moitié du XXe siècle est [représentée sous cette rubrique par Jean-Guy Pilon (auteur de « Comme l’eau retenue », traduit par I. Kouznetsova), Normand de Bellefeuille (« La marche de l’aveugle sans son chien »), Jean Provencher (« L’homme enchêvetré »), Serge Patrice Thibodeau («Le passage des glaces »), Hélène Dorion (« Les corridors du temps ») et Jean-Éric Riopelle (« Papillons réfractaires »). C’est M. Yasnov qui a traduit ces cinq poètes.
La rubrique « Anthologie de la nouvelle canadienne française » permet aux lecteurs de découvrir la prose québécoise contemporaine. Les années 1990 sont représentées par Michel Tremblay (« Un ange cornu aux ailes de tôle », dans une traduction de L.Proujanskaia) et Monique Proulx (« Les aurores montréales », dans une traduction de E.Léonova). La nouvelle d’Yves Beauchemin, « Une nuit à l’hôtel » (traduite par I. Volevitch) est extraite du recueil éponyme, paru en 2000. Deux nouvelles de Normand de Bellefeuille (traduites par I. Volevitch) sont tirées de « Votre appel est important pour nous », paru en 2006. [Et, pour finir, quatre autres nouvelles : « La Manie » de Frédéric Durand (traduite par E.Léonova), « Les espèces en voie de disparition » E.Léonova), « Liens réticulaires » de Jean-Sébastien Trudel (traduite par I. Volevitch) et « La valse des chenilles » (traduite par I.Volevitch) datent de 2007.
Sous la rubrique « Les classiques du XXe siècle » les lecteurs découvriront les extraits de l’autobiographie « La détresse et l’enchantement » de la romancière Gabrielle Roy (1909-1983), préfacés et traduits par L.Semenova). Nous ne publions que des chapitres évoquant la jeunesse de l’auteure. L’épisode le plus curieux est celui où Gabrielle Roy décrit la visite d’un inspecteur anglophone dans une école francophone. À cette époque. la jeune fille venait de découvrir la littérature anglaise et admirait l’œuvre de Shakespeare. Ayant impressionné l’inspecteur par ses connaissances, elle a réussi à « sauver l’honneur » de toute la classe, ses copines ne partageant pas sa passion pour « les Britanniques »…
Sous la rubrique spéciale « Du folklore », nous publions des transcriptions de la tradition orale des nations autochtones de l’Amérique du Nord. Les auteurs de ces transcriptions sont des anthropologues Jean-Claude Dupont et Yvon Codère. La publication Dupont se compose d’histoires publiées sous le titre de « Légendes de la Nouvelle France », préfacées et traduites par d’ A.Sadetsky), celle de Codère, de spécimens de la mythologie amérindienne, tirés du recueil « Contes et mystères de la forêt » (2006) et traduits par E. Belavina.
Sous la rubrique « La nation et la langue », le lecteur découvrira en Hubert Aquin un intellectuel engagé, qui a consacré à la langue française un article extrait des « Blocs erratiques » et traduit par E. Bogatyrenko, avec une préface de M. Bachkirov. Un autre article, « Décoloniser la langue » du poète, essayiste et éditeur Gaston Miron (trad. E. Bogatyrenko), aborde la question de la spécificité de la langue québécoise.
Sous la rubrique Essais et articles, on trouvera le texte de Mordechai Richler, auteur anglophone qui, dans « Why I write? (traduit par S. Silakova), loin de la question linguistique, se penche sur l’éternel problème du sens de la création et de l’attente sociale face à l’œuvre.
La rubrique « Le voyage au Québec » est riche en grands noms : celui de l’historien Alexis de Tocqueville (« Carnets. Lettre à M.L’abbé Lesueur » (trad. V. Miltchina), du fondateur du mouvement olympique contemporain Pierre de Coubertin (« Canada britannique et Canada français », trad. Nina Koulich) et du poète et prosateur anglais Rudyard Kipling « En route vers Québec », trad. et postface de Svetlana Silakova).
Dans la rubrique d’amitié « Québec-Russie » sous le titre général [de « Le sourire de Tchekhov » nous proposons des extraits de deux livres du romancier et essayiste André Major, « Le sourire d’Anton » et « L’esprit vagabond », où il se révèle un lecteur passionné du grand dramaturge et nouvelliste russe (dans une traduction de L.Proujanskaïa).
Sous la rubrique « L’enquête IL » 10 écrivains québécois (André Major, David Homel, Gilles Archambault, Carole Fréchette, Suzanne Jacob, Yves Beauchemin, Naïm Kattan, Nicolas Dickner, Michel Tremblay et Antonine Maillet) répondent à nos questions (« Comment êtes-vous devenu écrivain? », «La littérature québécoise c’est…. » « Quel est le rôle de l’écrivain dans la société d’aujourd’hui », « Vos auteurs et livres préférés » (préparé et traduit par L.Proujanskaïa). Leurs cinq auteurs favoris sont Tolstoï, Tchékhov, Dostoïevski, Beckett et Faulkner.
Sous la rubrique « Nos interviews », nous proposons une entrevue avec la directrice du centre interuniversitaire Moscou-Québec, Tatiana Moguilevskaya, sur le thème
« Découvrir l’univers commun pour mieux se comprendre. »
Sous la rubrique « Lettres de l’étranger » Alexandre Livergant nous fait part de ses impressions de voyage lors de sa participation au festival Métropolis bleu de Montréal. Le titre de sa « lettre » en dit long: « Maîtres de la culture, avec qui êtes-vous? ou il n’est pas facile d’être écrivain au Canada ».
Le numéro s’achève (et « s’encercle ») par la rubrique « Parmi les livres » où l’on ne trouvera qu’une recension, celle d’Elena Mourachkintseva qui nous offre son regard sur le premier roman « Salut Galarneau! » Jacques Godbout (1967), traduit par L.Proujanskaïa.

Spécial Québec de la revue russe INOSTRANNAYA LITERATURA
Je profite de cette occasion pour souligner tout le travail exceptionnel accompli par le Centre Moscou-Québec de l'Université Laval, cité dans le texte. Trop souvent occulté, le travail de leurs dirigeants, Tatiana Mogilevskaia et Alexandre Sadetsky, est un effort incommensurable au rapprochement des liens entre le Québec et la Russie. Cette édition spéciale illustre la qualité de leur contribution. BRAVO!
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