Un bon « navet classé 6 » ce soir? Oui, grâce aux cotes de Mediafilm.ca, nées il y a 40 ans déjà!
(1) – Chef-d’oeuvre; (2) – Remarquable; (3) – Très bon; (4) – Bon; (5) – Moyen; (6) – Pauvre; (7) – Minable.
Quarante ans après sa création par le regretté Robert Claude Bérubé, l’échelle d’évaluation artistique de l’agence de presse cinématographique Mediafilm.ca a toujours la cote.
Cette échelle de (1) à (7), qui a guidé et éclairé plusieurs générations de cinéphiles au Québec, fait aujourd’hui partie de notre patrimoine. Dans leurs versions anciennes et actuelles, tous les télé-horaires de la province (TV-Hebdo, Voilà, L’Agenda, etc.) ont utilisé et utilisent encore les cotes et les contenus de Mediafilm.ca, qu’on retrouve également dans plusieurs dizaines de médias imprimés et Web de la Belle Province, ainsi que dans l’indispensable Guide DVD annuel de La Boîte noire.
De Naissance d’une nation (1) au James Bond tout neuf (4), l’ensemble des longs métrages projetés en salles au Québec ou diffusés à la télévision ont été évalués à l’aune de cette échelle, créée en 1968.
Cette année-là, sur les écrans du Québec
- Stanley Kubrick nous a téléportés dans le futur avec 2001, L’Odyssée de l’espace, coté (2) à l’époque, passé à (1) depuis;
- Roger Vadim a moulé Jane Fonda dans la robe de Barbarella (4);
- Roman Polanski a tenté le diable dans Le Bébé de Rosemary (3), passé à (2);
- Barbra Streisand a confirmé qu’elle était une très Funny Girl (3);
- Pierre Perrault a imposé Le Règne du jour (3);
- Les primates ont supplanté les Hommes sur La Planète des singes (4), passé à (3).
Un peu d’histoire
Jusqu’en 1967, les films évalués par le Centre catholique national des techniques de diffusion, puis par l’Office des communications sociales (OCS), étaient surmontés de cotes morales: Tous; Adultes et adolescents; Adultes; Adultes, des réserves; À déconseiller; À proscrire.
Ce modèle, dans un Québec en pleine Révolution tranquille, avait fait son temps. À preuve : les dirigeants de l’OCS s’étaient aperçus que l’injonction « À proscrire » — accolée, par exemple, à des films tels Les Liaisons dangereuses ou La Maîtresse du Docteur Jekyll —, ne produisait pas l’effet dissuasif escompté. « Au contraire, elle les rendait plus attrayants », évoque avec ironie Mgr Lucien Labelle, qui était alors directeur général de l’OCS. « C’était la belle époque des ciné-clubs. On attendait de ceux qui étaient appelés à porter des jugements sur les films qu’ils soient avant tout des connaisseurs du cinéma », explique celui qui, à 89 ans, est la dernière mémoire vivante de l’organisme.
C’est dans ce contexte que dès janvier 1968, Robert Claude Bérubé, qui dirigeait à l’époque le Service Information-Cinéma de l’OCS, a inauguré son échelle révolutionnaire. Celle-ci mettait en évidence la valeur artistique des œuvres et permettait d’approfondir la mission d’éducation cinématographique de l’OCS, que poursuit encore aujourd’hui Mediafilm.ca à travers son service de presse et ses activités périphériques, dont le Ciné-Bazar.
Mediafilm.ca est une division de Communications et Société, un organisme sans but lucratif qui œuvre dans les domaines du cinéma et des communications depuis 1957, et qui, jusqu’en 1999, était connu sous le nom d’Office des communications sociales.

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